Donner une seconde vie à ses équipements digitaux : un impératif sociétal

Les sujets liés à la préservation de l’environnement et à la responsabilité sociétale sont désormais centraux pour l’ensemble des acteurs économiques. Ainsi, nos modèles évoluent fortement pour passer d’une économie dite linéaire à une économie circulaire. Ce concept est aujourd’hui enfin une réalité probante qui va nous animer à long terme et faire évoluer les gouvernances des entreprises. Un premier pas a notamment été franchi avec la montée en puissance des projets RSE qui incluent toute une dynamique pour « moraliser et raisonner » la croissance des entreprises. Sur ce point, un élément semble aujourd’hui occuper une place à part au regard de ses impacts sur l’environnement : le numérique.

Limiter l’empreinte carbone liée au numérique

Stratégique dans le fonctionnement quotidien des entreprises et générateur de nombreux bénéfices, le numérique est pourtant à l’origine de dégâts environnementaux importants et en augmentation. En effet, l’innovation est consommatrice de ressources et induit également de nombreux problèmes en matière de recyclage.

Par exemple, la fabrication d’un ordinateur portable de 2 kg nécessite des ressources considérables : 800kg de matières premières, 240kg de combustibles fossiles, 22kg de produit chimique, 1,5 tonnes d’eau. C’est également 330kg de CO2.

Alors, comment faire pour associer développement économique et responsabilité ?

Investir sur la notion de seconde vie

Si le marché de la deuxième vie commence aujourd’hui à devenir une tendance de consommation largement approuvée par le grand public, elle reste encore trop embryonnaire dans les entreprises et les organisations publiques. En ce sens, il devient stratégique de sensibiliser les professionnels sur la nécessité absolue de ne pas avoir systématiquement un réflexe d’achat de neuf. C’est notamment le cas pour le sujet des laptops par exemple et encore plus pour les téléphones mobiles et tablettes.

Ainsi, d’une part les entreprises pourront valoriser leurs anciens actifs en les revendant et accéder à des matériels de qualité, reconditionnés et à moindre coût. Une telle démarche, au-delà du côté altruiste, est également riche de sens d’un point de vue économique et peut représenter un bon prétexte pour franchir le pas de la seconde main dans l’industrie du numérique.

On notera d’ailleurs à ce sujet que toute une filière existe aujourd’hui pour permettre aux entreprises de vendre, recycler, réutiliser leurs équipements ou accéder à d’autres appareils reconditionnés. Cette filière est également composée d’un bon nombre, encore faible soit, d’entreprises adaptées qui ont une action importante sur l’inclusion par le travail.

Allonger la durée de vie et d’utilisation des équipements doit donc être une donnée clé des nouvelles gouvernances des entreprises. C’est à cette condition que ces dernières pourront continuer à grandir dans les meilleures conditions tout en réduisant très significativement leur empreinte sur l’environnement.

Par Gilles MEZARI, CEO de Tass